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Affaire CARRION
M. Carrion, facteur de 35 ans, marié, 5 enfants, confronté
à une succession familiale, décide de garder la
vielle ferme familiale en Ardèche pour en faire son domicile.
Grâce à des financements
du Crédit Agricole, il a pu devenir propriétaire
en rachetant les parts des autres co-héritiers, de plus
il a pu effectuer des travaux dans sa propriété.
La banque lui propose un prêt à
échéance progressive sur 20 ans (contracté
en 1990). Elle applique sur les deux premières années
de remboursement la règle de l'endettement maximal égale
au tiers des revenus disponibles du particulier. (ici le salaire,
les allocations et les aides personnelles au logement).
M. Carrion saisit la justice, les juges
constatent d'une part que la règle de l'endettement maximale
devait s'appliquer sur la durée totale du prêt et
non sur les deux seules premières années.
D'autre part, la banque aurait dû prévoir que ce
fonctionnaire n'ayant pas de perspective d'évolution notable,
ne pourrait rembourser en totalité les échéances
progressives.
De plus le banquier était à même de connaître
la conjoncture économique qui avait pour conséquence
de limiter les augmentations de salaires pour maîtriser
l'inflation.
Malgré une hausse de salaire de
1500 F et la vente de sa propriété, il lui reste
aujourd'hui encore à rembourser 300 000 F à un taux
de14%. De plus ses allocations ont chuté du fait du décès
d'un de ses enfants à charge.
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